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29/11/2012, par Steve Bartram
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Cantona : le Showman

Chaque footballeur d'élite qui pénètre sur le terrain sait que le monde entier le regarde. Mais très peu ont le courage de le regarder en retour droit dans les yeux.

Le dos droit, la poitrine gonflée, Éric Cantona paradait sur la pelouse, exhibant son plumage sans la moindre once de retenue. Regarder United jouer au milieu des années 90, ce n’était pas assister à une rencontre de football. En fait, le match servait seulement de toile de fond aux dernières aventures du versatile Français. Les postures exagérées, les mains sur les hanches ou volant frénétiquement dans les airs, n’étaient pas réellement destinées à la personne ciblée : il s’agissait d’un cadeau d’une star à son public, d’un indice sur l’humeur de personnage principal.

Cantona avait la capacité de faire littéralement ce qu’il voulait du ballon, sans pourtant céder au péché de gourmandise. Non, son don résidait dans sa capacité à réaliser la bonne passe, dans un geste simple mais invariablement réussi. Mais son besoin viscéral d'assurer le spectacle transformait le moindre ballon gagné en bataille remportée avec panache.

Le génie français n’a jamais perdu de vue que le football de haut niveau était avant tout un spectacle. Il méprisait tous ceux qui tentaient de gâcher le jeu en insistant trop sur la rigueur ou des tactiques trop strictes. Même Didier Deschamps n’échappait pas à ses flèches : Cantona le qualifiait de "porteur d’eau".

Le port altier et l’assurance de Cantona étaient inflexibles, impossible à ignorer. Ajoutez-y une réputation de "bad boy" issue d’expulsions répétées et de batailles dantesques avec la Fédération française de football, et vous obtenez un

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